Conseiller municipal de Grenoble
Comme chaque année, j'ai présenté au conseil municipal ce lundi 21 octobre le rapport d'activités du CCAS pour l'année précédente.
Au plan national comme local, l'année 2012, a vu un durcissement de la crise sociale vécue par nos concitoyens, qui a conduit le gouvernement et la nouvelle majorité a initier un plan pluriannuel de lutte contre la pauvreté (voir ce post). Grenoble, comme toutes les grandes villes de France, n'échappe pas aux phénomènes de concentration de la pauvreté au sein des principales agglomérations (voir cette étude remarquable), à l'image de Bordeaux dont le Maire évoquait il y a peu (voir cet article) un taux de pauvreté de 25%, supérieur aux estimations pour Grenoble, qui oscillent entre 19 et 21%. Pour autant, cette année 2012 a vu le revenu moyen par habitant diminuer très légèrement (-0.1%) pour s'établir à 30700 € (dans la fourchette haute des grandes villes), signe d'une évolution qui concerne un nombre croissant de Grenoblois.
Dans ce contexte, la responsabilité des services publics d'action sociale pilotés par le CCAS, en lien avec nos partenaires institutionnels et associatif, est de s'adresser à tous les Grenoblois, conformément au plan d'actions mis en œuvre depuis 2009.
En 2012, nous avons collectivement cherché à répondre à cinq enjeux transversaux :
- rendre accessibles nos services à tous, notamment la classe moyenne fragilisée par la crise
- adapter nos actions aux nouvelles formes de pauvreté : jeunes, familles monoparentales, salariés à bas revenus, précarité énergétique, personnes âgées isolées…
- lutter contre l'isolement qui aggrave les conséquences de la pauvreté monétaire : rappelons qu'à Grenoble près d'un ménage sur deux est composé d'une seule personne
- déployer notre action sur le territoire pertinent qu'est l'agglomération, particulièrement sur les politiques d'accès à la mobilité et à l'hébergement.
- poursuivre le redressement financier initié en 2008 (voir ce post), grâce au choix anti-austérité de notre majorité d'augmenter les financements en direction de la solidarité et aux efforts de gestion réalisé au cours de ce mandat. Le rapport de la Cour des Comptes de l'été 2012, qui portait sur les exercices 2005 et suivants, nous donne d'ailleurs acte de ce redressement (voir le rapport), par ailleurs très explicite sur la courbe des résultats financiers du CCAS :
Je vous invite à consulter :
- la présentation synthétique du rapport d'activité 2012
- le rapport d'activité 2012 complet
Sans m'étendre sur les données multiples d'une action qui mobilise près de 1400 agents au service de la vie quotidienne de plus de 60 000 Grenoblois (voir cet article du Dauphiné Libéré), je veux retenir :
- de nouveaux services d'accompagnement des ménages : accompagnement budgétaire, précarité énergétique, mobilité, fond "coup de pouce" pour les jeunes;
- la réussite de notre stratégie de développement social au sein des Maisons des habitants (voir ce post), qui sont fréquentées par plus de 21000 Grenoblois (environ 9000 pour les centres sociaux en 2008) et qui proposent dorénavant entre 21 et 32 prestations, dont de nombreuses actions collectives (paniers solidaires, pass culture, RERS, sorties familles…);
- le déploiement intercommunal du service d'orientation des demandes d'hébergement, qui pose les bases d'une politique équilibrée à l'échelle du territoire métropolitain;
- la gestion améliorée des EHPAD, tant du point de vue humain (300 agents formés à la méthode "humanitude" – voir ce post –, que financier (les déficits ont été divisés par 10 depuis le début du mandat : de plus de 2 M€ à moins de 200 K€);
- la finalisation du déploiement du dispositif Parler Bambin à toutes les crèches Grenobloises et maintenant dans une dizaine de villes françaises (15000 enfants concernés au total).
Au final, notre plan d'actions est intégralement mis en œuvre (voir l'état d'avancement de mars 2013), avec 49 actions développées pour 40 prévues dans tous les domaines de l'action sociale, et ce, en respectant les prévisions budgétaires initiales comme notre engagement de préserver le service public et ses agents.
Redressé au plan financier, le CCAS est aussi reconnu au plan national dans de nombreux domaines (accès aux droits, petite enfance, maintien à domicile, accompagnement budgétaire, accès à la culture, insertion sociale…) et il le doit au premier chef au dévouement et à la compétence de ses agents, qui font l'honneur de la fonction publique territoriale et de l'action sociale.